A Belley aussi, les enseignants en ont « ras-le-bol »


14 janvier 2022

L’Education nationale est en proie à une crise intestine. Les syndicats ont appelé à la grève générale des personnels des établissements scolaires ce jeudi 13 janvier 2022. Il s’agit d’une grève d’ampleur qui touche beaucoup de monde aussi bien nationalement que localement.

Dans toute la France, aujourd’hui, la plupart des catégories de personnels des établissements scolaires sont en grève. La raison principale est le protocole sanitaire. Le corps enseignant se sent totalement abandonné par le ministère de l’Education nationale, lui reprochant sa mauvaise gestion de l’épidémie au sein de l’école. C’est en tout cas le sentiment d'une enseignante gréviste dans une école de la circonscription de Belley. Son « ras-le-bol » se porte d’abord sur la communication du gouvernement, « le protocole change tous les trois jours et on l’apprend via la presse, j’ai l’impression que l’on n’est pas considéré, écouté » dénonce l'enseignante. Les changements de protocole constants rendent la gestion difficile, pour les enseignants, mais aussi pour les parents. Elle poursuit  : « l’impression d’être devenue une secrétaire, c’est du temps que l’on ne passe pas à enseigner. On n’est pas gréviste contre le virus mais contre ce qui est fait dans les écoles ». Les derniers propos de Jean-Michel Blanquer sur le sujet ont attisé les flammes de la grève.

il y a certains problèmes qui sont plus anciens, la tension qu’a apportée la crise sanitaire n’a fait que les exacerber. « Le manque de personnel, par exemple, cela fait plusieurs années qu’il est compliqué de trouver des enseignants remplaçants » explique l’enseignante. Cependant le nombre de professeurs malades augmente considérablement et ils sont difficilement remplacés. De plus, pour éviter le « brassage » des élèves, il est impossible de mélanger les classes.

Tous unis

La Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) est également présente en soutien aux personnels des établissements scolaires, elle a appelé les parents à ne pas déposer leurs enfants à l’école ce jeudi. Pour l'enseignante c’est une bonne chose, « ça rajoute du poids, on sent qu’on n’est pas les seuls à se battre, ils sont à mon avis les principaux touchés ». Comme beaucoup de parents, Charlène Moretin, habitante de Belley, est perdue depuis la rentrée. Avec trois enfants, âgés entre 5 et 11 ans. « J’ai reçu 14 mails de l’école entre le 4 et le 12 janvier, dont 6 mails qui m’expliquent que le protocole sanitaire a changé, on a du mal à suivre » constate la mère de famille. Elle explique être mise constamment sous pression « quand on pose nos enfants à l’école, impossible de savoir si on va nous rappeler pour nous dire de venir les récupérer, mais je travaille et cette situation n’est pas tenable ». La mère a donc préféré ne pas mettre ses enfants à l’école ce jeudi.

Dans le secteur de Belley, sur les quatre écoles élémentaires publiques, deux ont totalement fermé, (Les Charmilles et Les Cordeliers). Deux enseignants n’ont pas fait grève à l’école Jean Ferrat, l’école de La Rodette fonctionnait normalement. A l’échelle nationale les syndicats ont annoncé 62 % de grévistes dans le secondaire et 75 % dans le primaire, tandis que le ministère ne déclarait que 27,4 % de grévistes.

 

Par notre correspondant Curtis Thevenon.

 

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